TECHNIQUE

LES SERIES

Les katas de sabre se décomposent en plusieurs séries dont les 5 premières sont :

  • Kihon dachi  : « Les bases du sabre »

Cette première série comprend cinq katas dont les mouvements sont la base de l’école Kashima Shinryû. 

Travailler régulièrement ces techniques permet de développer les positions, les attitudes, la densité du corps et du hara permettant au pratiquant d’appréhender les autres séries avec des bases solides. 

Les exercices de kihon dachi consistent en des duels, qui permettent d’incorporer le but de « épée, esprit, corps ne faisant qu’un » (ken-shin-tai sanmi ittai). 

Ils sont généralement effectués avec un bokuto (grosse épée d’entraînement en bois).

  1. Kesa giri
  2. Ashibaraï ukibune
  3. Kiri wari
  4. Wari tsuki / Tsuki kaeshi
  5. Kuraï dachi
  • Ura dachi (2e série, ura waza) : « Retourner l’épée »

La deuxième série est la série où le shitachi (partenaire étudiant) pénètre les défenses du uchitachi (partenaire enseignant). 

Cette série s’effectue en reculant de trois bons pas de manière synchronisée entre les deux protagonistes. 

Ces exercices amènent les pratiquants à appliquer les techniques lorsqu’ils s’approchent l’un de l’autre (yukiai) et à en calculer la distance et le timing (maai). Avec la pratique d’ura dachi, le pratiquant est amené à comprendre que les techniques de Kashima Shinryû ne sont pas réactives mais requièrent qu’un des combattants saisisse l’initiative (sen-sen-no-sen).

  1. Men tachi zuke
  2. Kesa tachi zuke
  3. Do tachi zuke
  4. Gedan kote dome
  5. Kyodachi kote giri
  6. Sokui zuke
  7. Mikiri kenchu taï
  8. Naori taïchu ken
  9. Kesa giri sode suri
  10. Enbi ken
  • Aishin kumitachi (3e série) : « Ensemble, synchronisation, les kens liés »

Cette série suppose la simultanéité et la synchronicité des deux protagonistes. 

Elle requiert d’un pratiquant qu’il apprenne à utiliser les mouvements en spirale pour unifier l’épée avec le flot initial de ki, et ainsi maîtriser une situation dans laquelle les deux parties tentent d’utiliser les mêmes mouvements l’un contre l’autre. 

Les techniques d’épée pratiquées dans ces exercices sont identiques à celles réalisées par les guerriers de haut rang avant même l’apparition de Kashima-Shinryû en tant qu’école identifiable.

  1. Kumitachi kiridome
  2. Kumitachi seigan
  3. Kumiwakare warizuki/Kumiwakare tsuki kaeshi
  4. Kumitachi kaeshigote
  5. Kumiwakare taoshiuchi
  • Jissen kumitachi (4e série) : « Le fruit, le résultat en combat, les kens liés »

Cette série résume les acquis des précédentes séries. Ces exercices enseignent au pratiquant à maîtriser les duels qui s’amorcent juste hors de portée des coups (ippo itto maai). 

À l’instant où le shitachi (partenaire étudiant) initie le mouvement, le uchitachi (partenaire enseignant) répond par la lecture et le suivi de son mouvement dans une tentative de saisir l’initiative (go-no-sen). 

Le shitachi est ainsi amené à exécuter la technique au plus haut niveau d’urawaza (technique interne). 

  1. Tsuki kaeshi
  2. Kiri wari
  3. Sokui dachi
  4. Hayanuki fudoken
  5. Sodesuri seigan
  6. Gedan koteuchi
  7. Tsubame gaeshi
  8. Gyaku gaeshi
  9. Tsubazeri daoshi
  10. Makitachi oikomi
  • Kassen dachi (5e série) : « Combattre au ken sans concession »

Cette série induit la notion d’anticipation sente (« avant ») ainsi que celle de « destruction de l’équilibre »taoshi (« abattre, renverser »), et tsubushi (« casser, écraser »). 

Ces exercices enseignent la maîtrise des techniques adaptées aux champs de bataille au temps où les combattants portaient les armures traditionnelles japonaises et se chargeaient en duel à distance (yukiai). 

Ces techniques exploitent les points faibles de l’armure et emploient des principes mécaniques sophistiqués pour déséquilibrer l’adversaire.

  1. Sente tsukiage
  2. Sente seigan
  3. Sente tsukikaeshi
  4. Sente tsukadaoshi
  5. Sente enbidaoshi
  6. Jodan nukidaoshi
  7. Gedan nukidaoshi
  8. Fudoken
  9. Kesa tsubushi
  10. Muniken

 


 

LES 5 PRINCIPES DU STYLE SHISEIKAN
Interprétation proposée par Pierre Matthieu et Christophe Clément

Ce sont les invariants, proposés par l’école Kashima notamment par son représentant le Shiseikan (actuellement dirigé par maitre Araya qui est aussi 6ème Dan d’Aïkido) pour la pratique du ken ; mais qui sont sous-jacents à toute pratique martiale consciente de sa démarche et qui cherche à progresser.

Ils s’expriment chacun par un couple de contraire qu’il s’agit de concilier, idéalement, en les intégrant l’un à l’autre dans toute pratique, plus simplement, en les alternant ou les combinant sans privilégier l’un des pôles.

 

 

* SEI / DO Stillness / Motion

Immobilité / Mobilité – Stabilité / Mouvement – Densité / Souplesse – La périphérie est mobile, le centre est fixe.

Illustration d’Araya en 2015 (Prague) avec l’image du volcan qui érupte (DO) et du magma à l’intérieur quand le volcan est calme (SEI)

Exemple au Ken : dans la coupe les bras sont légers, souples, mobiles. Le bassin se cale sur les appuis, lourd et stable au centre ; il impulse la coupe mais n’est pas déstabilisé par elle. L’absence de garde (mu kamae) est une autre illustration de SEI.

 

 

* KI / HATSU Intention – Will / Action

Intention / Action – Vision mentale / Engagement physique – synchronisation Esprit et Corps (conscience et volonté) dans l’action – Être présent dans ce que l’on fait, que les gestes soient habités.

Exemple au Ken : le critère de jugement Ki / Ken / Taï – il faut synchroniser les

3 repères observables (cri / frappe / impulsion du corps)

Dans la relation attaquant / attaqué, l’engagement immédiat de l’attaquant quand le partenaire donne l’ouverture.

 

 

* KOU / BOU Attack / Defense

Attaque / Défense – Action offensive / Parade – Entrée / Protection

Exemple au Ken : la spirale défensive de la main gauche en même temps que la droite s’engage directement sur le partenaire (cf. 3 derniers mouvements de Kihon Dachi, notamment pour le 3e Kata, le cercle est une protection alors qu’une attaque est droite,

en piqué. Le cercle initié au début du mouvement se termine par une action droite, en piqué.

Idéalement, on ne devrait pas pouvoir dire quand l’attaque commence et quand la défense s’arrête (Araya – 2015).

 

 

* KYO / JITSU Emptiness / Substance

Vide / Plein – Aspiration / Pression – Le creux et le plein de la vague

Exemple au tennis : l’amortie et le smash

Exemple au Ken : la disponibilité sans tension qui suit immédiatement la coupe.

2e kata de Kihon Dachi : Ce principe est présent sur le temps entre le contact et la suite du kata.

Deuxième série, Ura Dachi : Kyo Dachi Kote Giri, 5e mouvement,

ou Sokui Suke, 6ème mouvement,

ou mieux Embi Ken, 10ème mouvement de la deuxième série.

 

 

* IN / YOU Shade / Light or Yin / Yang (Inn / Yang)

Ce qui est Caché / ce qui est Manifeste – mais aussi : Intérieur / Extérieur – et direction Centripète / direction Centrifuge.

Illustration d’Araya en 2015 (Prague) avec l’image du soleil : Ce dernier fait les deux en même temps : sa force de gravité attire les planètes du système solaire (IN) et sa chaleur, son rayonnement en expansion est YOU.

Exemple au Ken : La main gauche, plus centrale que la droite, c’est par elle qu’est impulsé le mouvement (armé, spirale, coupe) : c’est le moteur mais son action est peu visible. La main droite dirige, oriente ; elle accepte l’amplitude et les déviations mais rétablit le plan de coupe et le centrage sur le point visé. Plus périphérique que la gauche, elle est plus visible mais pas plus importante. On retrouve les autres couple d’opposés : la main gauche est interne, centripète, la droite externe centrifuge (mais ne se laisse pas décentrer pour autant).